J'aime mon véto !!!

Publié le par Julien

Je suis souvent épaté ici par les compliments, petits gestes, que l'on reçoit de la part des clients. Je ne sais pas si c'est un biais dû au fait de travailler dans une grosse machinerie où les gens sont près à dépenser pas mal d'argent, mais je me rends compte que, plus que les compétences, ce qui compte dans la guérison du malade, c'est le lien qui l'unit au thérapeute. Si le client a confiance en son véto, ensemble, ils pourront faire beaucoup. Si pour une raison ou une autre le véto n'arrive pas "accrocher" avec le client (ou vice-versa), on part souvent à la catastrophe, nonobstant les compétences et les diplômes… Dans mon activité d'urgentiste, le lien doit se créer très vite. Quelquefois, et beaucoup plus souvent qu'une activité véto "classique", il ne se crée pas, pour des raisons de stress, de refus de la maladie, et malheureusement souvent d'argent. Ce que j'apprécie aux USA, c'est que le propriétaire a compris qu'il n'a aucun intérêt à se mettre à dos son véto: il fait beaucoup plus confiance au praticien qu'en France, le "flatte" par des "Doctor G.", compatit sur les horaires ou la difficulté du travail (difficilement imaginable en France ou je me suis plus souvent fait traité de jean-foutre pour ne pas passer 24h/24 dans la clinique que remercié pour être présent un dimanche matin!!). Ainsi traité, le vétérinaire (dans n'importe quel pays) se sentira plus concerné, voudra faire plaisir à ses clients et l'animal recevra des soins "particuliers"… Si vous ne respectez par votre véto, vous allez passer pour un chieur et à la fin de la journée, peut-être que le vétérinaire ne sera pas enclin à faire un petit "plus".

C'est ce qu'on appelait autrefois le respect du praticien, qui a malheureusement disparu face aux exigences, voire à l'arrogance de certains propriétaires d'animaux. Comme je dis souvent à ma coiffeuse "j'ai pas envie de m'engueuler avec vous, c'est vous qu'avez le ciseau dans la main"!!! La fameuse TDC existe belle et bien, sous des formes différentes selon les pratiques. Mon conseil: soyez sympa avec votre véto si vous voulez qu'il soit sympa avec votre animal…

Publié dans emergvet

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Béa 07/04/2006 03:55

J'ai eu la chance de croiser le chemin d'un jeune vétérinaire passionné des nacs, qui se renseigne chaque jour sur les nouveautés par internet et par ses lectures; il a sauvé d'un gros cancer ovaires/utérus l'une de mes lapines de 6 ans; je peux dire que celui-là, je l'aime, mon véto!
Mais j'ai bien conscience que c'est une perle rare....
Denise, personnellement on m'avait dit qu'il n'existait pas de protocole de chimio pour les lapins, je serais curieuse de voir ce que l'on vous propose si votre petit chohchon doit en passer par là....
Compliments sur ce blog, il est très sympa!

Gwen 06/04/2006 13:53

je ne remets pas en cause les compétences des vétérinaires que j'ai vus parce que je sais bien que le lapin n'est pas leur spécialisté et que si j'avais un chien ça se passerait mieux. D'ailleurs dernièrement  un vétérinaire m'a dit qu'il ne pouvait rien pour mon lapin mais il m'a expliqué en long, en large et en travers l'opération qu'il venait de réaliser sur un chien( j'ai même vu le chien et ses radios).Comme il savait qu'il était le troisième que je voyais sans succès pour ce problème il devait justement avoir peur que je reparte en me disant que les vétérinaires étaient tous incompétents!
En plus il faut bien avouer que beaucoup de propriétaires de lapins et rongeurs ne les font pas soigner, parce que bien souvent ils les achètents pour leurs enfants et les laissent en cage 24h/24h sans s'en occuper.
"j'aime mon vétérinaire, promis la prochaine fois j'adopte une chien!"

Denise Ménard 06/04/2006 07:09

Très heureuse d'avoir rouvé ce blog que je trouve très intéressant et qui rejoint mes préoccupations actuelles. J'ai perdu, il y a deux mois une petite cochon d'Inde à laquelle j'étais vraiment très très attachée (ça peut paraître bizarre surtout quant on sait que j'ai 71 ans) mais c'est ainsi. Cette petite bête, achetée dans une animalerie, était très fragile et pendant les 4 ans et demi de sa trop courte vie, j'étais très souvent en consultation avec des résultats plus où moin heureux. J'ai fini par dénicher un véto spécialiste NAC mais qui était à plus de 40 kms de chez moi. Il l'a soignée aussi bien que possible, mais à la suite d'une dent cassée qui ne repoussait pas normalement  elle ne s'est plus alimentée correctement, et des pathologies sont arrivées en série (diarrhée, problèmes respiratoires),  qui ont conduit à sa fin malgré tous les soins prodigués. A ce moment là je ne voulais pas entendre les signaux qu'il m'envoyait discrètement sur son âge, car je pensais, que j'arriverai une fois de plus à la sortir de ce mauvais pas.
J'ai une autre petite bête de bientôt 3 ans qui, pendant la période, où sa copine était malade, a développé 2 grosseurs sur le dos. Une assez grosse et l'autre plus petite. Traumatisée par par tous ces problèmes, je ne m'en suis pas occupée, d'autant qu'elle ne semblait pas du tout en souffrir. Ces derniers temps, la grosseur semblant évoluer je me suis enfin décidée à la montrer à une véto, plus proche de chez moi, et qui semblait s'y connaître en cochon d'Inde. je me suis basée sur le fait qu'elle pratiquait l'anesthésie au gaz, qui est, paraît-il, beaucoup  plus sure sur ce genre d'animal. Elle a donc été opérée avec succès la semaine dernière et les points seront enlevés la semaine prochaine. Donc je suis satisfaite de ce point de vue, mais où je suis étonnée, c'est qu'elle a envoyé les prélèvements en anapath et qu'elle me parle de chimio au cas où ces prélèvement s'avèreraient malins. On sait, de toute façon, que la vie d'un cobaye est malheureusement limitée dans sa durée, et je me pose la question du bien fondé d'un tel traitement., d'autant qu'elle est en pleine forme malgré son dos tout couturé. Je suis prête à aimer ma véto,qui par ailleurs, est très gentille avec ma bestiole  ;o)  Bon séjour aux U.S.A
 
 

Julien 05/04/2006 05:46

Romaine, merci de ta participation à la discussion (j'espère ne pas avoir posté un "troll"). C'est vrai que je trouve dommage le fait de ne pas vouloir avouer son ignorance et renvoyer vers un confrère en pensant d'abord au lapin (ou chien, ou chat). Souvent, lorsque j'étais en clientèle, je disais "je ne suis pas spécialiste en lapin mais en tant que spécialiste des animaux, je peux le regarder, voir ce que je peux faire et si cela dépasse mes compétences, je vous enverrais chez un confrère". Cela se passait le plus souvent pas mal...
Mais je suis néanmoins content que Gwen est pu trouver quelqu'un de bien pour ces animaux, et cela me fait plaisir aussi qu'elle ne se soit pas empresser d'insulter l'ensemble de la profession vétérinaire !! Conclusion: "J'aime mes clients"!!!! lol

Romain 05/04/2006 03:16

Bien le bonjour,
Je me permets de prendre part à votre conversation étant donné que le sujet me touche un peu (enfin, surtout ma copine...). Elle fait actuellement une résidence (3 années en université uniquement dans cette discipline) en "exotics" (comprenez : NAC + zoo + faune sauvage). C'est suite au même constat que toi, Gwen, et à son goût pour ses animaux assez spécifiques, qu'elle a choisi de poursuivre sa formation dans cette voie. Je ne vais pas déballer les heures et les heures de réflexion qu'on a eu sur le sujet en entendant 1 000 témoignages similaires au tien mais globalement, voici le fond de ma pensée : la formation francaise est quasi-inexistante (un point pour julien) à l'heure actuelle donc difficile d'en vouloir aux "vieux" vétos, et même aux jeunes pour peu qu'ils ne trouvent pas un intérêt personnel dans cette discipline.
Deux problèmes font que cela risque de durer encore longtemps : (1) 99.9% de la profession n'a jamais considéré et ne considère toujours pas que c'est un secteur "financièrement" porteur, la phrase typique étant "achète un autre hamster, ca te coutera moins cher" (comme quoi, on peut être véto et poète !)... Fausse excuse : la plupart des chats sont donnés par un voisin ou trouvés (donc coût nul), ce qui n'empêche absolument pas de "faire des frais" dessus. C'est l'affectif qui est en cause, pour les uns COMME pour les autres. Mais ca, ca a du mal à passer. (2) Les "formateurs" et "spécialistes" de cette discipline en France (soit dit en passant, n'importe qui peut se dire spécialiste, merci la réglementation francaise...) pour la plupart (mais pas tous, tout de même, mais beaucoup quand même !!!) sont d'un niveau de compétence.... comment dire pour ne choquer personne... bon, je vous laisse imaginer... Certains spécialistes tournent dans leur petit cercle fermé (cf la bibliographie de leur "ouvrages de référence" où ils ne citent qu'eux, et les congrès organisés où il n'y a qu'eux comme conférenciers...) et ne s'ouvrent progressent pas vraiment. Sachant que c'est eux qui sont les dépositaires de la formation continue, voire de la formation tout court en France..... Quelques exemples vite fait : le congrès international des exotics vient de se tenir en France, aucun appel à conférencier non francais n'a été fait (sinon ma copine aurait été intéressée) et oh, comme par hasard, les conférenciers sont toujours tous les mêmes d'un même petit groupe. Autre nouvelle : selon certains profs d'Ecoles vétérinaires répondant à des étudiants voulant venir faire des stages, la formation en NAC en Amérique du Nord est nulle... Alors, anti-américanisme primaire, peur de perdre son petit monopole, ou pas envie de se remettre en question??? Dans cette ambiance, il est certes compréhensible d'en vouloir aux vétos peu consciencieux qui s'en fichent et ne réfèrent pas (ca n'a pourtant rien d'humiliant, au contraire, mais certains semblent penser que si...) mais difficile d'en vouloir aux vétos motivés par avoir des connaissances de base dans le domaine (en sachant que la médecine vétérinaire se diversifie beaucoup et qu'il devient difficile de tout savoir sur tout...) mais dont les possibilités de fornation sont bridées par les personnes qui font "référence en la matière" en France.
Pour finir, c'est un peu comme les médecins de famille, il faut en trouver un bon, parfois après de longues recherches et qui est parfois loin de chez soi, et le garder, voire lui faire de la publicité... Ce sera le meilleur moyen de l'encourager et de montrer que cet facette de la médecine vétérinaire est intéressante et qu'elle peut permettre de gagner sa vie. Et une pensée qui n'engage que moi : en la matière, mieux vaut peut-être un véto jeune, peu expérimenté mais motivé et qui va se documenter, se former, appeler des confrères pour faire avancer son diagnostic, que quelqu'un qui se dit spécialiste sans vraiment se remettre en question. Il y a des vétérinaires bons en NAC, où qui se forme pour... mais pas forcément ceux que l'on croit.
Et désolé pour la longueur du commentaire, je me lance toujours emporter !!!