Nouveau cursus véto, photos des cas de la semaine, plus une petite surprise typique "américaine"...

Publié le par Julien

Hello,

Passage de 13°C hier à -2°C ce matin, avec des températures de -10/-20°C prévue cette nuit,... je pense que je vais rester tranquille à la maison ce week-end au lieu d'aller skier...

Sinon, vu cet après-midi sur le site de Planete Vet la colère d'un véto devant le nouveau cursus vétérinaire: classe prépa de 2 ans, études véto de 4 ans, bachotage des étudiants lors de ce début de "première année de réforme"... le praticien et père d'une étudiante se pose la question des compétences des vétérinaires dans quelques années car la formation raccourcie alors que les connaissances sur la médecine des animaux progressent de façon exponantielle, de la même façon que les exigences des propriétaires (et de leur accès à l'information). Cela fait plusieurs années que j'ai les mêmes peurs (c'est bien pour ca que j'ai traversé l'Atlantique). En effet, les Ecoles Nationales Vétérinaires sont des écoles d'Etat pour la simple bonne raison que le vétérinaire est sensé sauver des vaches que les gens vont manger et soigner les chevaux des régiments de cavalerie qui vont garantir nos frontières des invasions barbares !!! Sauf que,... c'était il y a quelques centaines d'année, que depuis, il n'y a plus de frontières, les barbares sont déjà là,... et que les écoles vétos aujourd'hui fournissent surtout des vétos "canins" (pour chien et chat). Donc le gouvernement n'a rien à gagner à investir de l'argent dans les Ecoles Véto alors que la demande devient plus grande à mesure des avancées de la technologie et de la science (besoin de plus de matériels, de plus d'enseignant, besoin de techniciens/infirmiers, de formation continue,...). A long terme, si on ne fait rien, on risque de se retrouver dans le cas de l'Italie ou il existe un fossé entre les Ecoles Véto (pas chers, pas de compétence, pas de moyens,...) et les grosses structures privées (beaucoup de moyens, de compétences, de diplomes spécialisés, et prix en rapport!!). Je crois que c'est ce qu'on appelle la médecine à 2 vitesses!!!! Le problème est que le grand public n'a pas connaissance des problèmes de formation initiale et de formation continue des vétérinaires et attend du vétérinaire des compétences suffisante pour soigner son animal... ce qui n'est tout simplement plus possible !!!

Personnellement, je suis assez pessimiste pour l'avenir de la profession en France!! Heureusement qu'il y aura toujours des gens pour se bouger les fesses et des propriétaires reconnaissants !!!

Sinon, les photos promises:

Petit chat dyspnéique avec un beau pyothorax (plus de 100 mL/kg dans un seul hémithorax!!!!), un drain thoracique plus tard, bourré d'antibio, il va super bien...

La première photo à gauche est celle d'un épanchement pleural, la deuxième à droite est après la pose du drain pleural (le chat respire beaucoup mieux comme ça, et on voit le drain qui est plus blanc sur la radio....), et le bol contient le pus contenu dans le thorax !!! Il faut savoir que dans 80% des cas, on ne sait pas dont provient l'infection... La quatrième photo est un peu penché, on voit le chat sous anesthésie...

 

 

 

 

   

 

Le cas suivant est plus délicat, chien de 10 ans avec un shunt porto-systémique (pour les néophytes, le foie n'est plus irrigué, c'est comme si le chien avait une cirrhose depuis la naissance), et une maladie de la vésicule biliaire qu'il faut opérer... le chien sort de chirurgie avec une pression artérielle dans les chaussettes: malgré oxygen, vasopresseurs, plasma, colloides,... il a fini par mourrir dans la nuit malgré tous nos efforts... snif. On voit néanmoisn un peu le matos que j'ai ici, et les moyens très importants qui me sont offert à Cornell.

 

 

Pour finir sur une note plus gaie, sachez que j'ai maintenant une secrétaire !!!!!!!! C'est la première fois de ma vie et ca fait bien plaisir. Je ne l'ai pas encore vue mais je vous en dirais plus plus tard. Et sinon, une photo  prise dans un supermarché la semaine dernière: le distributeur de friandises pour chien !!! sur le même modèle que les distributeurs de bonbons... on peut choisir un assortiment de biscuits pour chien pour l'anniversaire de Kiki !!!!! Sacré ricains !!!

 Bon, A+

Julien

Publié dans emergvet

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Christophe Grébert 26/01/2006 13:00

les distributeurs de friandises pour chiens, j'ai vu la meme chose en France dans une grande surface specialisee. la decadence est ici aussi.

Nolhan 26/01/2006 08:58

Cher expatrié,
L'annonce de votre blog ,a eu l'avantage de mettre en évidence
les Pb de la formation à votre belle profession.Mon filleul qui envisage
de prendre exemple pourra mesurer le parcours et la détermination
à suivre Merci et bon courage

Sangui 19/01/2006 22:27

Salut Julien, je découvre ton blog grâce à celui de Hugues, je sens que j'y repasserai ;)
Je n'y mettrais pas ma main à couper, mais il me semble qu'avant, l'école se faisait aussi en 4 ans, non? elle est passée en 5 ans, avant de revenir en 4... (au lieu de mettre l'école en 5 ans avant de mettre la prépa en 2 ans, ils auraient pu faire tout d'un coup, mais bon, on ne va pas chercher pourquoi la bureaucratie est illogique...)
Donc bon, à partir de là, c'est pas si dramatique!
J'y suis encore, à l'école, et je fais partie des chanceux qui en font 5 (les autres derrière l'ont mauvaise, ils commencent la pratique en clinique un an plus tard (rappel: dans l'ancien cursus, le mien, on a des cliniques en D2 et D3 , soit 3è et 4è années, puis la thèse en 5è, dans le nouveau cursus, ils commencent les cliniques en 3è année aussi, sauf qu'il n'y a que 4 ans d'école soit pas mal de pratique en moins, et personne de l'année supérieure pour les guider..)
Je n'ai pas vraiment encore assez d'expérience pour affirmer à 100% ce qui suit, mais il me semble que:
Un an sur tout le savoir à apprendre, ça ne change pas grand chose, sachant qu'on passe la majorité de nos études à intégrer une méthode de travail et de raisonnement qui nous permettront d'apprendre le "vrai" métier plus tard, de nous former au quotidien à partir des bases acquises à l'école. Je ne suis pas la seule à le dire, dans ce métier, on est élève toute sa vie!
bonne continuation (je retourne à mes révisions, les partiels ne m'attendront pas!!)
Sangui

Julien 17/01/2006 18:32

Salut Caroline, et merci de tes encouragements. C'est sur qu'en temps que "spécialiste" et travaillant aux USA, j'ai à ma disposition des moyens énormes et quelquefois par toujours nécessaires !!
Je suis d'accord avec toi pour dire que la plupart du temps, du bon sens, un examen clinique bien fait et une anmanèse bien prise suffisent pour pas mal avancer dans un cas. J'avais lu l'article de Nicolas avec lequel je ne suis pas vraiment d'accord et qui a suscité diverses réactions. A mon sens, les examens complémentaires sont intéressants pour le suivi, le pronostic et la mise en place du traitement bien moins que pour le diagnostic. Nous avons donc quasiment toujours besoin des examens complémentaires: diagnostiquer, c'est bien, traiter, c'est mieux!!!
C'est pourquoi le réel souci est celui de la formation: l'étudiant vétérinaire est le praticien de demain et doit etre cajolé... Je suis d'accord avec toi, le but des études vétérinaires n'est pas de sortir des "multi-spécialistes", mais de sortir des gens avec du bon sens, une maitrise de la biologie animale, et connaissance adéquate de 70-80% des maladies dans 70-80% des espèces, et surtout une méthode de fonctionner.
Il faut donc que les écoles forment des généralistes sachant leurs compétences comme leurs limites, n'ayant pas peur de dire "je ne sais pas" (le client n'est pas dupe) et de référer... Si l'étudiant veut se spécialiser, il peut faire un internat ou une résidence... Et le généraliste apprendra en pratiquant, avec l'expérience et la formation continue. Et il aura reçu, à son niveau, lors de ses études, un apercu de ce qui PEUT se faire et qu'il doit pouvoir proposer.
De l'honneteté intellectuelle, une excellente éthique de travail, un bon consentement éclairé du propriétaire, est le plus important... Le souci réside dans l'isolement fréquent du vétérinaire, qui se fait sa propre expérience basé sur l'empirisme, alors qu'il devrait apprendre à chercher l'information la ou elle existe... d'où l'importance de la formation continue...
A+
Julien
 
 
 
 

Caroline 16/01/2006 22:33

A la lecture de ton article, je te trouvais bien pessimiste concernant la réforme et les générations de vétos à venir...  mais après avoir fait un petit tour sur planete-vet et lu l'article dont tu parles, c'est vrai qu'il y a de quoi s'inquiéter... La suppression de la 1e année (même si son contenu était discutable) n'est sans doute pas la meilleure innovation de cette réforme. Pourquoi n'y a t-il qu'en France qu'on réduit la durée des études alors qu'ailleurs c'est l'inverse?Ceci dit, 10 ans ne suffiraient pas pour assimiler la somme de connaissances à notre disposition (combien de vétos ai-je pu entendre dire qu'on apprenait durant toute sa carrière...)Là où je ne suis pas trop d'accord c'est lorsque tu dis "Le problème est que le grand public n'a pas connaissance des problèmes de formation initiale et de formation continue des vétérinaires et attend du vétérinaire des compétences suffisantes pour soigner son animal... ce qui n'est tout simplement plus possible !!!"  Il n'y a pas besoin de moyens faramineux pour résoudre la grande majorité des cas qui nous sont présentés! On ferait mieux de nous faire acquérir dans les écoles d'abord des compétences de base plutôt que de mettre la charrue avant les boeufs en  mettant à notre disposition tout un tas d'examens complémentaires dont on pourrait bien souvent se passer avec un peu de sens clinique (et je ne dis pas ça pour le Siamu, où j'ai passé parmi les semaines les plus intéressantes (et instructives) de ma 4e année - que de choses apprises grâce aux rondes! (les hernies discales du chien et l'hypertension intracranienne me semblent bien moins ésotériques depuis que j'ai dû potasser des articles pour expliquer ça à mes petits camarades!)) D'ailleurs à propos des examens complémentaire il y a un article très intéressant sur Vetoblog. (http://www.vetoblog.com/2005/11/examens_complem.html)J'ai pu mesurer à partir de la T1 pro le fossé immense qui sépare l'école et le terrain : rien de tel qu'une immersion de 3 mois ou plus chez un praticien pour en prendre conscience, sans parler du premier boulot par la suite. Donc quoi qu'il en soit, ce n'est pas dans les écoles que s'acquiert l'expérience... (et ça n'est pas près de changer)Je ne connais pas assez les détails du nouveau cursus pour en parler mais je crains qu'il y ait de moins en moins de place pour une formation  généraliste. Et c'est dommage, car c'est quand même la base du métier quoi qu'on en dise.  Evidemment, il faut des spécialistes,  il y en aura de plus en plus dans les années à venir. Bien sûr on ne peut pas être "poly-spécialiste" étant donné la masse de connaissances à acquérir, mais je crois qu'on peut quand même être un bon généraliste (mixte de surcroît) et c'est bien ce à quoi j'aspire...En tout cas, c'est bien sympa  de lire tes aventures nord américaines!  Ca dépayse, j'ai l'impression,de découvrir un autre métier (et oui la rurale/mixte de montagne, c'est pas tout à fait la même chose!)   Et bon courage!