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De Pierre de VAISSIÈRE, dans l'édition de 1912... Merci Père Noel !!!

 

 

 

 

Vendredi 6 janvier 2006

Bon, ca fait quelques jours que j'ai délaissé mon blog, et comme je suis en train de lire un article très pointu de Transfusion qui est difficilement zizitable (eh oui, je me suis dis que le mot commencant par b... ne plairait pas à ma grand-mère!!), j'en profite pour faire une pause pour vous parler d'un sujet qui me tient à coeur: les étudiants vétos...

En effet, travaillant dans un milieu universitaire, venant d'une famille d'instit, et ayant fréquenté 6 universités dans 3 pays différents,... et étant un éternel étudiant dans l'âme moi aussi (sinon, pourquoi je me ferais suer à traverser l'Atlantique alors que les fromages sont bien meilleurs en France!!), l'étudiant véto est pour moi un éternel sujet de conversation. J'en avais parlé un peu dans mes précédents posts mais cette fois, j'ai envie d'en faire un spécial.

Aux USA, donc, les étudiants sont globalement... des étudiantes!!! En effet, 80-90% de filles, ce qui se retrouvent aussi, dans une moindre proportion (60-70%, mais ca grimpe chaque année!) en France et en Europe. Ensuite, ils (elles?) en ont bavés pour en arriver là: après l'équivalent du lycée, souvent 4 ans de "fac" puis un dossier très sélectif pour entrer en Ecole Vétérinaire (4 ans d'études) . Ensuite, les études y sont très chères (15 ou 20 000 dollards par an versus les 750 euros que j'ai payé à mon époque pas très lointaines) donc le plupart sont endentés jusqu'à cou...

De plus, le vétérinaire la-bas a su garder son aura de professionel de la santé, et est donc respecté et plutot très bien payé (entre 40 et 60 000 dollards par an dès la sortie de l'école, versus les 15-20 000 euros en France pour un étudiant sorti, à qui on va lui demander si il est stagiaire ou ASV).

Le boulot est donc différent pour moi, par rapport notamment au poste que j'avais quand j'étais à Lyon, qui est à peu près identique sur le papier à ce que je fait à Cornell:

- les étudiants sont très demandeurs de rondes, d'informations, d'article, de moyens d'apprendre plus sur leur métier: ils sont donc très exigeants envers leurs enseignants, ce qui améliore le niveau de ceux-ci!! De plus, les étudiants notent les enseignants, ce qui déterminent leur carrière dans le service (en partie seulement, mais c'est déjà ca par rapport à la France)... ce qui fait qu'un enseignant qui n'est jamais en clinique sera mal vu des étudiants, ce qui retentira sur le budget du service ou autre... Résultats: alors que le moyenne d'age des personnes présentes en clinique en France est d'environ 30 ans, aux USA, on voit des enseignants de 50 ou 60 ans opérés ou à 4 pattes dans une cage, quand leurs homologues francais sont dans leur bureau (dans le meilleur des cas!!).

- les étudiants sont motivés pour apprendre, ne rechignent pas au travail, sont présents souvent de 8 heures du matin à 20-22h non stop, car ils savent qu'à leur sortie... une belle vie les attend. C'est notamment vrai en urgences, ou par définition le service est ouvert 24heures sur 24 et que les étudiants doivent faire des nuits. Un de mes amis a calculé que l'heure passée en clinique revient à 300 euros par étudiant!!! Donc ils ont pas intéret à sécher les cours, ou à ne pas travailler pendant les heures de cliniques, car c'est leur argent qui s'envole!! Très peu d'absentéisme donc, un interet toujours présent et toujours des mots de remerciements... partant du principe " si le prof n'est pas remercié de faire des rondes, il n'en fera plus et nous n'apprendrons plus rien!"

- les étudiants la-bas bossent donc beaucoup, mais ont en retour beaucoup de stress à gérer et de pression sur les épaules, et peu de possibilité de les évacuer comme leurs collègues français (en effet, les années "alcool-drogue-sexe-orgie" sont derrière eux... à la fac=collège!!). Ce qui fait que les pleurs sont relativement fréquents, qu'ils stressent à mort de faire quelque chose de mal, et qu'ils sont en moyenne peu sûr d'eux et de leurs compétences face à l'animal (alors que sur le papier ou en ronde, ils sont excellents). Pour résumer, ils ont du mal à passer de la théorie à la pratique et réclament du soutien dans la plupart des phases cliniques, là ou l'étudiant francais sera beaucoup plus sûr de lui (... et de ce qu'il ne sait pas la plupart du temps: il se lancera sans hésiter, en espérant qu'il y aura un enseignant présent pour éviter la boulette si elle arrive).

- les avantages (pour moi du moins...lol) de travailler dans un milieu très féminin sont nombreux:  la gestion du client et du patient est très douce et pleine de sensibilité. Ensuite, lorsqu'il faut passer la vitesse supérieure (mettre un cathèter en moins de 30 secondes, mettre un drain thoracique, ou envoyer un bolus de sang en 30 minutes au mépris de toutes les règles élementaires de la transfusion,...), la présence de l'enseignant est souvent souhaitée, ce qui valorise notre travail. Ensuite, la jeune fille américaine est assez "directe" dans sa façon d'appréhender les relations entre personnes du sexe opposé... si en plus tu es enseignant, hétérosexuel, non marié et français, la vie est belle pour toi !!!!

Mais, bien sur, cela sort du point de vue strictement professionnel et c'est une ligne que jamais je n'ai transgressée et que jamais je ne transgresserais !!!! lol

Allez, A+

Bises

Julien

par Julien publié dans : emergvet
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Commentaires

Quand je te lis, je me dis une chose: lorsqu'il y a une rémunération correcte à la clé et de la considération, la motivation et l'investissement personnel me semble plus important.

Je pense que la dévalorisation de notre métier et la baisse global de nos revenus en France sont responsables, en grande partie, de la situation actuelle...les avantages sociaux des salariés n'y sont pas non plus rien, les 35h en premier...En gros, et je n'exagère pas beaucoup..."pourquoi se faire chier à cumuler des heures, en particulier de nuit, pour gagner des clopinettes, avoir des clients qui ralent parce qu'ils ont le sentiment que c'est cher, alors que de nombreux salariés ne savent plus quoi faire de leur RTT?..."

Globalement, j'ai le sentiment que le travail est plus valorisé dans les pays ultralibéraux que dans notre pays. Ceci dit les inégalités sociales sont aussi à la hauteur de cet ultralibéralisme...

Par contre, et j'aimerais que tu me donnes ton sentiment la dessus, j'ai le sentiment que, dans de nombreux cas, les vetos français, avec des moyens inférieurs obtiennent des résultats comparables. Je me trompe?

Germi, sur lequel le Blues planne en ce moment...
commentaire n° : 1 posté par : Germi (site web) le: 06/01/2006 09:24:21

Salut Germi,


Je suis tout à fait d'accord sur l'analyse que tu fais de la situation du vétérinaire français: peu considéré, mais rémunéré compte tenu de son niveau d'étude... Mais le fait est que les ecoles vétérinaires, par faute de moyens donnés par l'état, ne sont pas des usines à fabriquer des champions. Les prof sont sous payés, donc peu motivés, les moyens sont faibles et le mode de recrutement aboutit à un comportement peu mature ni responsable des étudiants (dont j'étais un parfait exemple lorsque j'étais étudiant!!). Comme l'étudiant apprend son métier à l'école et lors de son premier rempla... cela fait que le professionnalisme du vétérinaire s'en ressent quand on le compare aux USA ou tous les étudiants-enseignants-praticiens sont en chemise-cravate. La formation continue en France est excellente, mais non obligatoire, chère, et le praticien doit se rendre disponible ce qui ajoute à sa charge de travail quotidienne... si en plus il doit prendre un remplacant pour quelques jours pour partir en congrès, peu le font!


Pour répondre à ta question plus spécifique, je suis d'accord pour dire que le vétérinaire francais est EXTREMEMENT efficace et rentable compte tenu des moyens à sa disposition et certainement beaucoup plus que son homologue américain (c'est pourquoi, passé la barrière de la langue, notre formation est apprécié la bas: plus pragmatique, moins "formaté"!!). Si on peut "grader" ca sur une echelle de 100, je dirais que le vétérinaire francais arrive à un niveau de 80 avec des moyens de 20 alors que son confrère américain arrive à un niveau 100 avec des moyens de 70 !!!!


Et c'est une remarque à faire à la plupart des échelons de la socièté: le francais, par sa culture, arrive à faire à peu pres la meme chose que les autres pays avec des moyens moindres...


Bon sinon, j'espère que tu ne désespères pas trop et que l'activité va se révèler à la hauteur de tes compétences bientot


A+


Julien

commentaire n° : 2 posté par : Julien le: 06/01/2006 22:15:09
Est-ce qu'il y a une différence sur les origines "sociales" des étudiants vétos français et américains ?

Les parents des étudiants vétos américains sont-ils, comme le disait si bien le Pr JF Chary, des fils de bourgeois nantis...?
commentaire n° : 3 posté par : Hugues (site web) le: 06/01/2006 22:54:09

Sacré Jean-Francois!!


D'après ce que j'ai pu comprendre des étudiants américains (sur deux écoles: Davis et Cornell), le fait de faire des études véto leur permette une promotion sociale et un salaire supérieur. La plupart sont endettés. Selon une étude récente conduite par Washington State University, 34% des étudiants vétos la-bas ont plus de 100 000 dollards de dettes, et les non endettés (merci papa-maman), sont seulement 11% !!!! Enorme n'est-ce pas ??? En fait, ca dépend de ce que tu appelles milieu social aisé... si c'est débourser par an cash 20 000 dollards de frais de scolarité, plus 10 000 pour se loger et idem pour se nourrir, plus le 4x4 ou le cabriolet à  20 000 $ comme cadeau d'integration, donc non, ils ne viennent pas tous d'un milieu aisé... Mais par leur comportement, leur facon de s'exprimer et de s'habiller, on peut dire que la plupart ont reçu une éducation correcte (il y en a même qui aiment les francais!!!) , ce qui peut corroborrer les propos de notre cher ancien directeur...


Mais par leur système d'endettement, tout le monde à une chance de faire véto car à la sortie, ils gagneront pas mal d'argent donc les banques leur font confiance... A la différences de la France, où les étudiants s'endettent peu, donc leur niveau d'étude va dépendre de la capacité des parents à payer le loyer, l'école, et le fameux cabriolet...


A+


Julien

commentaire n° : 4 posté par : Julien le: 07/01/2006 00:44:27
Eh eh... Moi, comme cabriolet à l'école véto, j'aimais une 2CV...
commentaire n° : 5 posté par : Hugues (site web) le: 07/01/2006 16:56:13
Euh... J'avais une 2 CV (et pis je l'aimais aussi...).
commentaire n° : 6 posté par : Hugues (site web) le: 07/01/2006 16:56:52
Pas mieux.... j'avais une Fiat Uno!!
commentaire n° : 7 posté par : Julien le: 07/01/2006 17:29:11

Salut Julien!


Il est bien ton blog, et tes réflexions aussi d'ailleurs!


Quel dommage que je ne parle pas mieux anglais lol.


Je mets ton site en lien sur le mien


@+ Philippe


PS: tu étais à Lyon en quelle année??

commentaire n° : 8 posté par : Philippe (site web) le: 11/01/2006 22:04:34

Merci de tes encouragements, et bon courage pour l'installation, ca a l'air moins peinard que mon bureau de Cornell !!!!!


Sinon, j'etais à Lyon en 2003-2004....

commentaire n° : 9 posté par : Julien le: 12/01/2006 01:53:21

salut julien, ben tu vois moi je suis étudiante vétérinaire en 4eme année à Alger et je suis tombée par hasard sur ton blog qui est vraiment bien, ça donne une idée sur ce qui se passe et les conditions de travail qui change d'un pays à lautre, comme a dit Philippe je regrette aussi de ne pas parler mieux anglais, mais tt ce que je peux dire c que peu importe ce qu'on dira des vétérinaires, nous sommes et nous resteront toujours les garants de la santé publique


bon courage à tous, bisous

commentaire n° : 10 posté par : mounia le: 13/01/2006 12:29:44

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Qui suis-je?

 

Docteur Vétérinaire (Nantes 2001)

Internat Alfort (2001-2002)

Chargé de Consultation en Urgences-Soins Intensifs Lyon (2003-2005)

Résident en Urgences-Soins Intensifs - Davis - Californie (2006-2009)

NB: sur la photo, c'est pas vraiment moi... LOL !!

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